En consultation ou en atelier, je rencontre fréquemment des personnes qui prennent des plantes ou utilisent des huiles essentielles sans savoir qu’elles ne sont pas du tout adaptées à leur cas. L’occasion de rappeler : ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est sans risque.
Phytothérapie et aromathérapie : précautions et contre-indications essentielles
Certaines plantes médicinales et huiles essentielles peuvent être contre-indiquées selon les personnes et les situations.
Elles peuvent :
⚠️ interagir avec des médicaments, en rendant ces derniers inefficaces ou au contraire en augmentant leurs effets, avec des risques réels sur l’état de santé.
⚠️ poser problème en cas de maladies chroniques ou augmenter les risques liés à des antécédents personnels ou familiaux. Beaucoup de femmes utilisent des plantes pour les désagréments du cycle ou de la ménopause sans savoir que certaines leur sont contre-indiquées ou déconseillées.
⚠️ aggraver une problématique et/ou être toxiques à mauvaise dose ou sur une longue durée. Des fenêtres « thérapeutiques » sont nécessaires, et les prises ajustées régulièrement selon l’évolution des inconforts.
⚠️ déclencher des réactions allergiques chez les sujets sensibles. Et bien sûr certaines sont interdites ou déconseillées pendant la grossesse ou l’allaitement.
Une plante adaptée à quelqu’un ne l’est pas forcément pour un autre.

Des actifs naturels puissants
En phytothérapie, les plantes contiennent des principes actifs pouvant avoir des effets pharmacologiques réels. Certaines peuvent provoquer des interactions médicamenteuses, notamment avec les anticoagulants, les traitements hormonaux ou les antidépresseurs.
En aromathérapie, les huiles essentielles sont extrêmement concentrées, avec un potentiel toxique en cas de surdosage ou de mauvaise utilisation.
Certaines plantes et huiles essentielles ont des propriétés oestrogéniques (qui miment l’action des hormones oestrogènes). On les déconseille fortement en cas d’antécédents personnels ou familiaux de cancers hormono-dépendants. On connaît la sauge, mais il en existe des dizaines d’autres.
Sur ce point des plantes phyto-estrogènes, nuançons : le risque ne réside pas dans le fait d’utiliser ponctuellement une huile essentielle ou de boire une tisane d’une plante généralement déconseillée, c’est la dose et la durée qui font le danger.
Liste des contre-indications et interactions médicamenteuses
Pour dresser la liste complète, il faudrait des pages. De plus, les études scientifiques permettent d’ajuster ou d’ajouter régulièrement les précautions ; c’est le rôle des veilles scientifiques que les professionnels de santé, pharmaciens et praticiens en naturopathie sont censés consulter régulièrement pour assurer des prescriptions, délivrances ou conseils, selon leur métier, en toute sécurité.
Voici quelques exemples de précautions et contre-indications :
- Les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques doivent redoubler de vigilance de manière générale.
- Les personnes sujettes ou concernées par des calculs biliaires ou urinaires doivent être vigilants lors de la prise de certaines plantes drainantes comme le frêne, détoxifiantes hépatiques comme le radis noir.
- En cas de traitement anti-coagulants ou de troubles de la circulation : on évitera certaines plantes en raison de leurs propriétés fluidifiante sanguines (exemple gingko biloba, saule, ginseng).
- En cas d’hypertension, avec ou sans traitement, on oublie la réglisse et on évite le ginseng.
- Prudence avec de nombreuses huiles essentielles, contre-indiquées en cas d’épilepsie, d’asthme ou de troubles hépatiques.
- Les personnes ayant eu des pathologies ou cancers en lien avec le système hormonal ou ayant des antécédents familiaux de cancers doivent éviter plantes et huiles essentielles oestrogène-like, comme la sauge, le houblon, le trèfle rouge…
- En cas d’allergie aux dérivés salicylés (aspirine), pas de saule ou d’huile essentielle de gaulthérie.
- Certaines plantes peuvent modifier la manière dont le corps (et surtout le foie) gère et transforme les médicaments, les rendant soit inefficace, soit trop actifs. Exemple du millepertuis qui inhibe l’action de nombreux médicaments, dont la pilule contraceptive, ou du griffonia qui va augmenter l’action sérotoninergique de certains antidépresseurs et anxiolytiques.
Conseils pour une utilisation des plantes et huiles essentielles en toute sécurité
Avant de consommer une plante médicinale, il est important de se renseigner, de demander conseil à un professionnel de santé formé ou à un praticien qualifié / certifié en phytothérapie et aromathérapie.
De plus, pour les huiles essentielles, réaliser un test cutané au pli du coude permet de s’assurer de la bonne tolérance.
Respecter les précautions, les doses, la durée, et s’abstenir en cas de doute.
🌱 Le naturel est précieux… à condition de l’utiliser avec connaissance et prudence.
💛 Votre santé aussi est précieuse,
alors prenons-en soin de manière personnalisée et sécuritaire.
Christine Coste - naturopathe


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